Le jour où je me suis enfin assise pour faire mes comptes

Pourquoi faire ses comptes quand on n'est jamais à découvert ? Je partage le déclic qui m'a permis de reprendre le contrôle de mes finances et de dépenser sans culpabiliser.

Faire ses comptes pour la première fois

Pendant longtemps, je pensais que je gérais plutôt bien mon argent.

Après tout, mes parents m'avaient appris à vivre en dessous de mes moyens. Je n'ai presque jamais connu les fins de mois difficiles et je savais que je n'étais pas dans le rouge.

Alors, dans ma tête, tout allait bien.

Enfin… c'est ce que je croyais.

Je regardais simplement le solde

Ma gestion financière se résumait à une seule chose : je regardais le solde de mon compte bancaire.

Je savais combien je gagnais. Je savais à peu près ce que je dépensais. Mais si quelqu'un m'avait demandé où partait réellement mon argent chaque mois, j'aurais été incapable de répondre.

Tout était flou.

Je ne savais pas combien je pouvais mettre de côté. Je ne connaissais rien aux placements. Je n'avais jamais réfléchi à l'inflation ou à la manière de faire travailler mon argent.

Faire mes comptes était une tâche qui me stressait.

Alors… je remettais toujours ça à plus tard.

Mon problème n'était pas le découvert

Quand on parle de budget, on imagine souvent quelqu'un qui dépense trop ou qui finit dans le rouge.

Moi, ce n'était pas ça.Je culpabilisais de dépenser.

Enfin… je culpabilisais de dépenser pour moi.

Parce que pour les autres, je n'ai jamais vraiment culpabilisé. Faire un cadeau me faisait plaisir. En revanche, dès qu'il s'agissait d'un achat qui me concernait, surtout un gros achat, c'était une autre histoire.

Les voyages en sont le meilleur exemple.

J'adore voyager.Mais même pendant mes vacances, il y avait toujours cette petite voix qui me disait :

"Tu es sûre que tu devrais dépenser autant ?"

Alors qu'au fond… je gagne ma vie pour cela.

Le déclic

Le déclic est venu grâce à mon conjoint. Il est passionné par les finances personnelles et, à force d'en discuter avec lui, j'ai commencé à m'intéresser au sujet.

En parallèle, je voyais de plus en plus de personnes parler d'investissement sur les réseaux sociaux. Mais je me suis fait une réflexion toute simple.

Avant de vouloir toujours gagner plus d’argent, il fallait déjà que je comprenne celui que j'avais.

Alors un jour, je me suis enfin assise.

Comment j'ai fait mes comptes

Je pensais que ça allait être compliqué. En réalité, ça ne l'était pas du tout.

J'ai commencé par exporter toutes les opérations de mes comptes bancaires. La plupart des banques proposent cette fonctionnalité en quelques clics. J'ai également récupéré les paiements effectués avec PayPal, parce qu'on oublie vite ce type de dépenses.

Ensuite, j'ai classé chaque dépense dans une catégorie.

  • Habitation.
  • Alimentation.
  • Restaurants et sorties.
  • Shopping.
  • Santé.
  • Voyages.
  • Transports…

L'idée n'était pas d'avoir cinquante catégories différentes, mais juste assez pour comprendre où partait réellement mon argent.

Une fois ce travail terminé, j'ai regardé combien je dépensais chaque mois, mais aussi sur une année entière.

Et c'est là que tout est devenu très concret.

J'ai identifié mes dépenses fixes, celles dont je ne pouvais pas me passer, comme le logement ou les assurances. J'ai identifié les dépenses variables, comme les restaurants ou le shopping.

Et surtout, j'ai compris combien il me fallait réellement pour vivre. Le reste n'était plus une question de hasard. C'était une question de choix.

Les dépenses qui ne me rendaient pas heureuse

En classant toutes mes dépenses, j'ai eu quelques surprises.

J'ai découvert un ou deux abonnements que je payais encore alors que je ne les utilisais plus. Ce n'était pas énorme. Mais pourquoi continuer à payer quelque chose qui ne m'apportait rien ?

J'ai aussi réalisé le budget que je consacrais aux repas du midi achetés à l'extérieur. Pas parce que j'adorais déjeuner dehors. Simplement parce que je n'avais pas pris le temps de préparer quelque chose.

En faisant le calcul, je me suis rendu compte que je dépensais environ 10 € par repas, trois fois par semaine. Ça représente une trentaine d'euros par semaine. Plus de 120 € par mois. Et près de 1 500 € sur une année.

Là, j'ai eu un vrai déclic.

Est-ce que ces dépenses me rendent vraiment plus heureuse ?

La réponse était non. En revanche, voyager, oui. Alors j'ai préféré cuisiner un peu plus souvent le midi et utiliser cet argent autrement.

Aujourd'hui, je préfère partir quelques jours de plus en voyage, m'offrir un hôtel qui me fait rêver ou vivre une expérience inoubliable plutôt que d'acheter un déjeuner par facilité.

Je ne dépense pas moins. Je dépense différemment.

Ce que faire mes comptes a changé

Petit à petit, j'ai construit mon budget. J'ai défini combien je souhaitais mettre de côté chaque mois. J'ai créé une enveloppe pour mes voyages.

Comme ça, lorsque je réserve un billet d'avion, je ne me demande plus si je peux me le permettre.

Je sais que cet argent est déjà prévu. Et, pour moi, ça change tout. Faire mes comptes ne m'a pas appris à être plus raisonnable. Ça m'a appris à dépenser en accord avec ce qui me rend vraiment heureuse.

Avec le recul, si je pouvais parler à la personne que j'étais il y a quelques années, je lui dirais simplement :

Ose. Fais-toi violence.

Faire ses comptes ne prend pas longtemps. En revanche, cela enlève une énorme charge mentale. Parce qu'au fond, ce qui me stressait n'était pas l'argent. C'était le flou.

Et aujourd'hui, quel bonheur de pouvoir me faire plaisir… sans culpabiliser.

Ce billet d'humeur exprime une opinion personnelle de l'auteur. Il ne constitue ni une information neutre, ni un conseil financier personnalisé.
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